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Rencontre : « Des Cathares et des hérétiques. Entre mythe et réalité ! »

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Mercredi 18 et jeudi 19 septembre 2019 – Équinoxiale d’automne – « Des Cathares et des hérétiques. Entre mythe et réalité ! »

Lieu de la rencontre : Espace François Mauriac, rue du Professeur Arnozan à Talence
Modalités d’inscription : merci de remplir et de renvoyer la fiche jointe fiche d’inscription au colloque des 18-19 septembre 2019.docx

Programme :

mercredi 18 septembre 2019

10h : accueil et présentation du programme et des intervenants

10h15. Lectures

Les hérétiques d’Orléans. Raoul Glaber, Les cinq livres de ses histoires (900-1044), publié par Maurice Prou, Paris, Picard, 1886, livre III, chapitre VIII, 26-27, p. 74-76.

Les Bougres du Nord de la France. Bernard Delmaire, « Un sermon arrageois inédit sur les Bougres du Nord de la France (vers 1200) », dans Heresis, n°17, décembre 1991, p. 1-15.

10h30. « Ferments apocalyptiques (13ème-16ème siècle) »

L’Apocalypse nomme Dieu « celui qui fut, qui est et qui sera ». L’Abbé Joachim de Flore (1130-1202) associe la formule à la figure de la Trinité chrétienne pour diviser l’histoire en âge du Père, du Fils et de l’Esprit saint, dont il annonce l’imminente arrivée. Le joachimisme inspire à son tour des mouvements d’impatience eschatologique (« les fanatiques de l’Apocalypse ») qui se heurtent à la méfiance ou à l’hostilité des autorités religieuses.

par Claude-Gilbert Dubois, Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux                                           

12h. Lectures

La richesse indue des évêques.

Bernard de Clairvaux, Lettre 42, Sur les devoirs de évêques, II, 4-7 (trad. Dom J. Leclercq, Paris, Le Seuil, coll. « microcosme », 1966, p. 164.

La secte des vaudois.

Bernard Gui, Manuel de l’Inquisiteur, éd. et trad. Par G. Mollat, t. 1, Paris, Champion, 1926 (Les Classiques de l’histoire de France au Moyen Âge), p. 34-39.

12h15. Suspension

14h15. Éléments des portraits de l’hérétique et de l’inquisiteur dans Las novas del heretge « La nouvelle de l’hérétique » d’Izarn (XIIIe-XIVe siècles)

Las novas del heretge, nouvelle en langue d’oc du XIIIe ou du XIVe siècle, présente un hérétique, attaché à la foi dite cathare, qui revient à la foi catholique. La conversion de cet hérétique, Sicart de Figueiras, se produit au terme d’un dialogue avec l’inquisiteur, Izarn, qui l’interroge. Ce dialogue offre, entre dénonciation de l’hérésie et reconstitution burlesque d’un interrogatoire d’inquisiteur, des portraits saisissants des deux protagonistes. Il s’agira d’en présenter les traits les plus saillants.

par Katy Bernard, Université Bordeaux Montaigne

15h30. Lectures

Saint Dominique et l’hérésie.

Cartulaire ou histoire diplomatique de saint Dominique, éd. RR. PP. Balme et Lelaidier, vol. 1, Paris, 1893, n° I, p. 148 (a) ; n° V, p. 186-188 (b) ; n° XLVII, p. 515-516 (c).

Les débuts de l’Inquisition.

Chronique de Guillaume de Puylaurens, éd. et trad. Par Jean Duvernoy, Paris, éd. du C.N.R.S., 1976 (Sources d’histoire médiévale publiée par l’I.R.H.T.), n° XLI, p. 150-155.

Discussion et suspension de la séance

jeudi 19 septembre 2019

10h. Accueil et présentation du programme de la séance

10h15. Lectures

Les révoltent grondent.

  • Continuation de Géraud de Frachet, dans Recueil des Historiens de France, XXI, p. 27.
  • Jean de Sain-Victor, Ibidem, p. 647
  • Grandes chroniques de France, éd. J. Viard, Paris, 1937, t. 9, p. 237-239, Société de l’histoire de France.

10h30. «  Contestations politiques dans les campagnes gasconnes au XIIIe siècle »

Au siècle de la dissidence albigeoise, la contestation sociale s’exprime aussi sur le terrain politique. C’est le cas dans les campagnes du Bordelais et de la Gascogne où des plaintes paysannes, conservées dans les archives, trahissent l’existence de représentations du pouvoir dont l’Eglise est exclue et révolutionnaires par bien des aspects.

 par Frédéric Boutoulle, Université Bordeaux Montaigne

12h. Lectures

Interrogatoires d’hérétiques et conversions.

a) Cartulaire ou histoire diplomatique de saint Dominique, éd. RR. PP. Balme et Lelaidier, vol. 1, Paris, 1893, n° IV, p. 171-173.

b) Jean Duvernoy, « Cathares et faidits en Albigeois vers 1265-1275 », dans Heresis, n°3, décembre 1984, p. 5-34.

12h15. Suspension

14h15. « Montségur et les « châteaux cathares ». Mythe et réalité. « 

Toute évocation des «  châteaux cathares », et surtout de celui de Montségur,  continue à fasciner aujourd’hui ! Il est étonnant de constater la force du mythe, et la quantité de publications et de sites internet dont il fait toujours l’objet.

Et pourtant, il n’y a jamais eu de châteaux construits par les cathares !

Deux orientations s’imposent pour évoquer une telle question.

La première consiste à considérer quelques-unes de ces « citadelles du vertige » (Michel Roquebert) – telles Thermes, Peyrepertuse, Puylaurens, Aguilar, Quéribus, Montségur –,  à montrer qu’elles sont, comme partout en Europe occidentale, des constructions des pouvoirs féodaux en place, et à rappeler que leur supposée construction par les cathares est un non-sens à l’analyse de cette religion (travaux, entre autres, d’Anne Brenon). Au cours du terrible épisode de la Croisade des Albigeois, elles servent parfois de refuges aux cathares. Certaines d’entre elles sont reprises, après la croisade, par le roi de France pour faire face à la menace du royaume d’Aragon.

La seconde orientation conduit, à travers le célèbre exemple de Montségur, à comprendre comment s’est construit le mythe. Né au XIXe siècle, avec, entre autres, Napoléon Perrat (initiateur en 1870 du mouvement du néo-catharisme) et Jules Doinel (créateur en 1890 de l’Église gnostique de France), il se construit avec Antonin Gadal, avec une orientation très marquée : l’association de Montségur au saint Graal ! Le phénomène reste encore assez régional au début du XXe siècle, mais les nazis, en la personne d’Otto Rahn, vont diffuser le mythe à l’échelle européenne. Par la suite, Fernand Niel, en France, perpétue cette approche.

En 1966, la célèbre émission de télévision « La Caméra explore le temps » permet une vulgarisation sur le monde cathare et induit une conscience occitane. À la même époque, commence une considération scientifique sur Montségur, les châteaux de la région (travaux de Michel Roquebert) et le catharisme, considération qui conduit, entre autres grâce à l’archéologie, à une meilleure connaissance, et par là même à la chute du mythe !

Ceci étant, et même face à la science, le mythe persiste de nos jours : « Quand on veut croire dur comme fer à quelque chose, rien, pas même la plus rationnelle des démonstrations, ne pourra vous faire changer d’avis, de filtre, de structure mentale » (Pierre Barthélémy).

par Philippe Durand, Université Bordeaux Montaigne

Lecture. François d’Assise, Cantique de frère Soleil (1225). Petite vie de François d’Assise, Paris, Desclée de Brouwer, 1993.

Discussion et clôture des débats

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