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Association pour la Connaissance de la Culture Historique Littéraire & Artistique


L'association

Mohenjo-Daro et la civilisation de l’Indus

En 1925/26, les archéologues exhumaient dans le bassin de l’Indus les restes de deux grandes agglomérations remontant aux 3e-2e millénaires, Harappâ au Panjâb et Mohenjo-Daro dans le Sînd. Les trouvailles se multipliant, plus de soixante villes donnent aujourd’hui une image assez complète de cette civilisation. Son aire d’extension ne se limite pas au bassin de l’Indus. Des sites urbains ont été découverts jusque dans la région de Delhî, au Gujerât (Lothal) et dans le Balûchistân. Les villages, fondements de l’économie agricole, ont disparu.

Mohenjo-Daro et Harappâ sont les sites majeurs de la culture indusienne. Ils comprenaient une acropole (« citadelle ») groupant des édifices publics, peut être à vocation religieuse pour certains (grenier, « bains », « collège » et salle hypostyle à Mohenjo-Daro). Aucun des bâtiments de Mohenjo-daro ou de Harappâ ne peut être interprété comme un palais ou comme un temple. En contrebas, des quartiers réservés à l’habitation et aux activités des artisans et des commerçants. Ces villes bien conservées révèlent un urbanisme développé. Des quartiers bien délimités, séparés les uns des autres par de larges rues se coupant à angle droit, sont traversés par des venelles qui donnent accès aux habitations. Les demeures, constituées de plusieurs pièces s’organisant autour d’une cour, possédaient souvent un puits, une salle de bains, et comprenaient un ou deux étages. Les fondations des constructions sont en briques crues ; les parties élevées au-dessus du sol, en briques cuites, scellées par un mortier à base de gypse. Un système sophistiqué de canalisations et d’égouts parcourt la ville. Des bâtiments publics, dont la destination est parfois discutée, soulignent le caractère organisé et centralisé de l’économie et de la société : citadelles fortifiées, moulins, fours publics, grand bain à vocation peut-être cultuelle à Mohenjo-Daro… De nombreux équipements soulignent l’importance du commerce (ports, môles, embarcadères, greniers). Des échanges avec les cités marchandes du sud de l’Iran et de la Mésopotamie ont d’ailleurs été prouvés. Il est curieux de noter qu’aucun temple ou lieu de culte n’aient été identifiés avec certitude.

Mohenjo-daro et Harappâ ont dû compter plusieurs dizaines de milliers d’habitants. À Mohenjo-daro, parmi les ruines les mieux conservées, on compte le « grand bain » de la « citadelle », sorte de vaste piscine rectangulaire, entourée de galeries soutenues par des piles carrées. Deux escaliers symétriques donnent accès à ce bassin dont l’étanchéité était assurée par des joints de bitume entre les briques. L’alimentation en eau se faisait grâce à un puits voisin et l’évacuation était assurée par une canalisation voûtée en encorbellement assez haute pour permettre le passage d’un homme.

D’un abondant matériel archéologique, plusieurs types d’objets retiennent l’attention, en particulier une poterie décorée de motifs géométriques peints, évoquant par un jeu de demi-courbes des fleurs stylisées. Des sceaux, généralement exécutés en stéatite, servaient peut-être à clore jarres et ballots. Ils portent un décor gravé : pictogrammes qui n’ont pu encore être déchiffrés, animaux représentés de profil, le plus souvent un buffle à une ou deux cornes. Certains présentent des thèmes moins courants : éléphant, personnage cornu assis en tailleur… Les quelques statuettes retrouvées ne permettent pas de mettre en évidence un style bien défini. Un buste barbu, identifié parfois comme celui d’un « roi-prêtre », est construit par grandes masses géométriques. Certains détails, traités avec grand soin, attirent l’attention : yeux globuleux en amande, incisés, motifs tréflés en légère saillie du vêtement.

Harappâ et Mohenjo-Daro auraient été les capitales jumelles d’un même empire. Cependant, certains indices indiquent que Harappâ serait de fondation moins ancienne et aurait pris de l’importance vers le moment de la rupture de la tradition technologique à Mohenjo-Daro. Vers 1750, Harappâ aurait succombé devant des envahisseurs : selon toute vraisemblance des Aryens (Indo-Européens) venus d’Iran.

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